Quiet cracking : la nouvelle crise silencieuse de l’engagement

Le phénomène de quiet cracking révèle une nouvelle forme de désengagement silencieux : des collaborateurs toujours présents mais fragilisés par la pression, l’incertitude et le manque de perspectives. Découvrez les enseignements clés du rapport Talent Trends 2026 et les implications concrètes pour les DRH et dirigeants souhaitant préserver engagement, performance et santé organisationnelle.

Éditeur de la recherche : ROBERT WALTERS

Publié le : 24 février 2026Catégories : Climat social, Leadership, Santé au travail

Pays de la recherche : Monde

Type de recherche : Managériale

Alors que les organisations pensaient avoir dépassé les effets post-pandémie sur l’engagement, une nouvelle dynamique apparaît : le quiet cracking. Identifié dans le rapport 2026 Talent Trends, ce phénomène traduit une fatigue professionnelle diffuse mais persistante, susceptible d’impacter durablement la performance collective. Analysons les principales données de cette étude et leur impact :

1. Une fragilité largement répandue
20 % des salariés déclarent vivre régulièrement une situation de quiet cracking, tandis que 34 % y sont confrontés occasionnellement — signe d’une pression professionnelle devenue structurelle.

2. Un déficit d’écoute managériale
47 % des collaborateurs concernés estiment que leurs managers n’écoutent pas leurs préoccupations, confirmant le rôle central du leadership dans la prévention du désengagement.

3. Un impact direct sur la productivité
78 % des managers observent déjà une baisse de performance liée au désengagement individuel, annonçant ce que les auteurs appellent une véritable « engagement recession ».

Le quiet cracking marque une évolution majeure : le désengagement ne se manifeste plus par une rupture visible (quiet quitting), mais par une présence professionnelle maintenue malgré une détérioration interne du rapport au travail.

Pour les directions RH, cela change profondément les indicateurs à surveiller. Les signaux faibles — retrait progressif, baisse d’initiative, fatigue émotionnelle — deviennent plus stratégiques que les indicateurs traditionnels d’absentéisme ou de turnover.

L’étude souligne que la crise d’engagement est cumulative : lorsque ces situations individuelles s’agrègent, elles ralentissent collaboration, innovation et performance globale. Dans ce contexte, l’engagement ne peut plus être piloté comme un KPI trimestriel mais comme une pratique managériale quotidienne : écoute structurée, clarification des priorités et visibilité des perspectives de carrière deviennent des leviers clés.

Les organisations capables d’identifier ces signaux précocement transformeront un risque social en avantage compétitif.

La question n’est plus de savoir si l’engagement baisse, mais comment détecter le désengagement invisible. Les RH doivent désormais passer d’une logique corrective à une logique préventive centrée sur l’expérience collaborateur et la qualité du management.

APERÇU

ÉDITEUR

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